Meublé de tourisme en Savoie : ce qui a changé le 20 mai 2026
Numéro d'enregistrement national obligatoire, DPE aligné sur la location classique, abattement micro-BIC réduit de moitié pour les non classés. Trois changements entrés en vigueur cette année, et ce qu'ils imposent concrètement à un propriétaire savoyard.
Par Mahdi Mohamadi, cofondateur de Hipla.
Trois changements sont entrés en application cette année pour les meublés de tourisme, et le premier a une date nette : le 20 mai 2026. Depuis ce jour, une annonce sans numéro d’enregistrement est retirée des plateformes. Ce n’est pas une menace de sanction future, c’est un retrait automatique.
Voici les trois, dans l’ordre où ils vous concernent.
1. Le numéro d’enregistrement national est obligatoire
Tout meublé de tourisme loué en France doit disposer d’un numéro d’enregistrement, obtenu via le téléservice national. Le numéro est unique et valable partout — il n’y a plus à multiplier les démarches selon la commune. Il doit figurer sur toutes vos annonces.
La conséquence pratique est immédiate : depuis le 20 mai 2026, Airbnb, Booking et Abritel retirent les annonces qui n’en portent pas. Si votre logement est loué et visible, vous avez donc déjà fait la démarche. Si vous préparez une première mise en location pour la saison d’hiver, c’est la première chose à faire, avant les photos et avant le calendrier.
Une précision qui compte en Savoie : les communes conservent des pouvoirs propres — quotas, autorisations de changement d’usage, plafonds de nuitées sur la résidence principale. Ces règles varient d’une commune à l’autre et changent plus vite que les lois nationales. Vérifiez auprès de votre mairie, en particulier en station et à Chambéry, avant de vous engager sur un calendrier de réservations.
2. Le DPE s’applique désormais aux meublés de tourisme
Le diagnostic de performance énergétique était réservé à la location longue durée. Il s’applique maintenant aux meublés de tourisme, avec les mêmes exigences de décence énergétique.
C’est le point le plus lourd pour un parc savoyard ancien. Un studio de station construit dans les années 1970, un chalet de village en pierre, un appartement de centre-ville non isolé : ce sont exactement les biens qui se classent mal. Faire réaliser le diagnostic maintenant, plutôt qu’au moment où il sera exigé pour continuer à louer, vous laisse le temps de planifier des travaux hors saison — la seule période où le logement est libre assez longtemps.
3. L’abattement fiscal a été réduit, et le classement devient décisif
Le régime micro-BIC a été resserré, et l’écart entre un meublé classé et un meublé non classé est désormais considérable :
| Situation | Plafond micro-BIC | Abattement |
|---|---|---|
| Meublé non classé | 15 000 € | 30 % |
| Meublé classé | 77 700 € | 50 % |
Ces règles s’appliquent dès les revenus 2025, déclarés au printemps 2026.
Traduit en décision : si votre logement dépasse 15 000 € de revenus annuels et n’est pas classé, vous sortez du micro-BIC. Le classement — une visite d’un organisme accrédité, valable cinq ans — devient un arbitrage financier, plus une coquetterie. Faites le calcul sur votre saison réelle avant de trancher, et faites-le avec votre comptable : c’est de la fiscalité, pas de la conciergerie, et nous ne sommes pas les bonnes personnes pour vous conseiller là-dessus.
Ce que ça change dans l’exploitation, concrètement
Ces trois textes ont un effet commun que peu de commentaires relèvent : ils rendent la location saisonnière moins improvisable. Un numéro à obtenir, un diagnostic à faire réaliser, un classement à décider — ce sont trois démarches avec des délais, qui ne se règlent pas la veille de l’ouverture.
Deux conséquences que nous voyons déjà sur le terrain.
Le classement pousse à monter en gamme. Obtenir un classement demande un niveau d’équipement et de propreté défini par une grille. Beaucoup de propriétaires découvrent à cette occasion que ce qui les bloque n’est pas l’équipement mais l’état des textiles et des supports — literie, canapé, moquettes, joints. Une remise à niveau se fait entre deux saisons, pas en cours d’exploitation.
Le seuil de 15 000 € déplace la question de la rentabilité. Un propriétaire qui approche ce plafond regarde soudain ses coûts d’exploitation autrement, et notamment ce que lui coûte réellement la gestion. C’est le bon moment pour comparer un forfait à la rotation et une commission au pourcentage — l’écart sur une saison dépasse souvent ce qu’on imagine, et il se calcule.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Nous assurons le ménage de rotation, le linge, l’accueil des voyageurs et, sur la formule complète, la gestion de l’annonce et de la tarification. Nous intervenons sur les meublés de la vallée — Chambéry, Aix-les-Bains, La Motte-Servolex, La Ravoire, Albertville. En station, c’est Hipla Pro qui monte, au contrat de saison, parce qu’un samedi de vacances scolaires ne se traite pas avec les moyens de la vallée.
Nous ne faisons ni la démarche d’enregistrement à votre place, ni le DPE, ni le classement, et nous ne donnons pas de conseil fiscal. Ce sont trois métiers qui ne sont pas le nôtre, et une conciergerie qui prétend les couvrir tous devrait vous inquiéter.
Pour aller plus loin
Les tarifs de rotation, option par option, sont publiés sur le site de Hipla Conciergerie, avec un simulateur qui donne le coût mensuel réel de votre logement en trois réglages. Si votre bien est en station, la page hôtels et résidences de tourisme décrit le fonctionnement au contrat de saison.
Les règles décrites ici sont celles en vigueur en septembre 2026. Elles évoluent, et les règles communales plus vite encore : vérifiez auprès de votre mairie et de votre comptable avant toute décision.
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